Démarche artistique

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Ayant fait le choix il y a quelques années de renoncer à un récit figuratif, mes œuvres sont des abstractions qui esquissent soit les contours de la figure humaine et ses nombreuses nuances, soit ceux de la nature avec laquelle je cohabite, sa lumière, son énergie, ses couleurs qui se renouvellent sans cesse. Ces deux sources d’inspiration alimentent mon imaginaire qui, lui, aime me surprendre à chaque coup de pinceau ou de spatule.

De prime abord, j’ébauche quelques lignes sur la toile. Puis, je me laisse porter par une gestuelle spontanée – un écho de mes premières influences automatistes – qui, par la suite, amalgame acrylique, encres, pâtes, cendres, pour créer un univers qui se déploie par couches successives sous mes yeux. Ainsi, je visite ce nouveau territoire et je l’estompe, je défriche et j’efface, j’approfondis et dévoile; et j’oublie. Les toutes premières lignes ne sont plus qu’un lointain souvenir mais la toile, elle, continue de murmurer l’élan d’origine.

C’est un long voyage, un processus similaire à celui de l’archéologue qui cherche, fouille, gratte, encore et encore – il peut y avoir une douzaine de strates à explorer. Mais qu’est-ce que je cherche ainsi, sans cesse?

Moi. Je me cherche, moi. Je m’engage profondément dans la matière et ses empreintes, dans la tension véhiculée par ses multiples couches pour mieux comprendre qui je suis, ma fragilité et ma force, mes rêves, ma mémoire, mes désirs et mes peurs. Plus que des formes et des éléments picturaux abstraits, mes œuvres sont des pierres abandonnées sur un sentier, comme celles du Petit Poucet, qui doivent, devraient me permettre de (re)trouver le chemin qui me mène à moi-même.

Je ne peux créer autrement. Je cherche. C’est une quête identitaire qui me permet aussi de communiquer avec les autres car les mots m’échappent et s’enfuient. Tandis que mes créations, elles, sont volubiles.

« J’ai découvert que je pouvais dire des choses avec les couleurs et les formes, des choses que je ne pouvais dire autrement…, choses pour lesquelles je n’avais pas de mots. »
Georgia O’keeffe